MaPrimeRénov’ a beaucoup évolué en 2026. Entre la fermeture temporaire du guichet en début d’année, sa réouverture et les nouvelles règles appliquées depuis septembre, certains anciens barèmes ne correspondent plus aux dossiers déposés aujourd’hui.
Pour préparer une rénovation énergétique, mieux vaut donc regarder trois éléments dès le départ : les revenus du foyer, le DPE du logement et la nature exacte des travaux envisagés.

Une année 2026 marquée par plusieurs changements
Le dispositif a connu un début d’année inhabituel. Le guichet MaPrimeRénov’ a été fermé temporairement à partir du 1er janvier 2026, puis les nouvelles demandes ont repris le 23 février 2026 après l’adoption du budget. L’enveloppe annoncée pour l’année atteint environ 3,6 milliards d’euros.
La réforme du 1er septembre 2026 a ensuite modifié beaucoup de projets. Plusieurs travaux autrefois financés séparément ont quitté le parcours par geste en métropole. Un propriétaire ayant préparé son devis quelques mois plus tôt peut donc constater que le montant attendu a changé au moment du dépôt.
Deux parcours désormais très distincts
Le parcours par geste reste adapté aux interventions ciblées, principalement autour de certains systèmes de chauffage ou du retrait d’un ancien équipement au fioul.
La rénovation d’ampleur vise plutôt les logements nécessitant plusieurs travaux coordonnés. Isolation, fenêtres, ventilation et chauffage peuvent alors être regroupés dans un même projet, à condition d’obtenir un gain suffisant au DPE.
Les plafonds de revenus MaPrimeRénov’ en 2026
Le montant de l’aide dépend notamment du revenu fiscal de référence, du nombre de personnes vivant dans le foyer et de la localisation du logement. Les catégories utilisées restent Bleu, Jaune, Violet et Rose.
Pour une habitation située hors Île-de-France, les plafonds 2026 sont les suivants :
| Personnes dans le foyer | Bleu très modestes | Jaune modestes | Violet intermédiaires | Rose supérieurs |
| 1 | ≤ 17 363 € | ≤ 22 259 € | ≤ 31 185 € | dès 31 186 € |
| 2 | ≤ 25 393 € | ≤ 32 553 € | ≤ 45 842 € | dès 45 843 € |
| 3 | ≤ 30 540 € | ≤ 39 148 € | ≤ 55 196 € | dès 55 197 € |
| 4 | ≤ 35 676 € | ≤ 45 735 € | ≤ 64 550 € | dès 64 551 € |
| 5 | ≤ 40 835 € | ≤ 52 348 € | ≤ 73 907 € | dès 73 908 € |
Les plafonds franciliens sont plus élevés. Une personne seule peut par exemple rester dans la catégorie Bleu jusqu’à 24 031 €, contre 17 363 € hors Île-de-France.
Ce détail change vite le montant final. Deux foyers réalisant exactement les mêmes travaux peuvent donc recevoir des aides très différentes.
Parcours par geste : moins de travaux financés depuis septembre
Le changement le plus visible concerne les dossiers déposés depuis le 1er septembre 2026. Plusieurs opérations ne sont plus financées séparément par MaPrimeRénov’ dans le parcours par geste en métropole.
Cela concerne notamment :
- l’isolation thermique de certains murs, toitures, rampants ou combles ;
- plusieurs équipements de chauffage au bois ou à la biomasse ;
- le chauffe-eau thermodynamique ;
- certains systèmes de ventilation ;
- plusieurs équipements liés au solaire thermique ;
- divers équipements de chauffage précédemment intégrés aux forfaits.
Cela ne signifie pas que l’isolation n’est plus aidée. Elle peut encore entrer dans une rénovation d’ampleur lorsque le logement et le programme de travaux respectent les conditions prévues.
Les principaux forfaits encore disponibles
Pour les travaux restant éligibles au parcours par geste, les montants donnent une bonne idée de l’aide potentielle.
| Travaux | Bleu | Jaune | Violet |
| PAC géothermique ou solarothermique | 11 000 € | 9 000 € | 6 000 € |
| PAC air/eau | 5 000 € | 4 000 € | 3 000 € |
| Raccordement réseau chaleur ou froid | 1 200 € | 800 € | 400 € |
| Dépose d’une cuve à fioul | 1 200 € | 800 € | 400 € |
| Audit énergétique éligible | 500 € | 400 € | 300 € |
Une pompe à chaleur air/eau peut ainsi donner droit à plusieurs milliers d’euros d’aide, mais la dépense prise en compte reste plafonnée. Pour ce type d’installation, le plafond atteint notamment 12 000 €.
Pour une PAC géothermique, la dépense éligible peut monter jusqu’à 18 000 €. Les installations étant généralement plus coûteuses, le reste à payer reste souvent conséquent malgré la prime.
La rénovation d’ampleur prend davantage de place
Pour une maison nécessitant plusieurs interventions, la rénovation d’ampleur devient désormais le parcours à regarder en priorité.
Le logement situé en métropole doit notamment être classé E, F ou G au DPE avant travaux. Il doit aussi avoir généralement au moins 15 ans et bénéficier d’un accompagnement adapté au projet.
Le gain énergétique attendu doit atteindre au minimum deux classes au DPE. Deux postes liés à l’enveloppe du bâtiment doivent aussi être traités, par exemple la toiture et les murs, ou les murs et les fenêtres.
Des plafonds plus élevés pour les rénovations globales
Dans ce parcours, l’aide est calculée en pourcentage des dépenses HT éligibles.
| Gain DPE | Bleu | Jaune | Violet | Rose | Dépense HT plafonnée |
| 2 classes | 80 % | 60 % | 45 % | 10 % | 30 000 € |
| 3 classes ou plus | 80 % | 60 % | 45 % | 10 % | 40 000 € |
Un ménage Jaune réalisant 38 000 € HT de travaux permettant de gagner trois classes peut obtenir, sur le papier, une prise en charge calculée à 60 %, soit 22 800 € avant les autres vérifications du dossier.
Pour un ménage Bleu atteignant le plafond de 40 000 € HT, le calcul théorique peut monter jusqu’à 32 000 €. L’écart avec un simple parcours par geste devient alors très important.
Le reste à charge doit être calculé avant de signer
Le montant annoncé par MaPrimeRénov’ ne correspond pas forcément à la totalité de l’aide disponible.
D’autres dispositifs peuvent compléter le financement, notamment les certificats d’économies d’énergie, certaines aides locales ou l’éco-prêt à taux zéro. Ce dernier permet de financer une partie du reste à payer sans intérêts, selon les conditions en vigueur.
Les plafonds de cumul doivent néanmoins être respectés. Pour une rénovation d’ampleur, les aides peuvent couvrir jusqu’à 100 % du coût TTC pour les ménages Bleu, contre 90 % pour Jaune, 80 % pour Violet et 50 % pour Rose.
Faire le calcul avant de signer reste donc beaucoup plus prudent que de compter sur une estimation approximative trouvée en ligne. Comparer le prix des travaux au m² selon la nature du chantier permet également de mieux situer le montant d’un devis avant d’engager les dépenses.
Gaz et fioul : des règles plus strictes
Depuis septembre 2026, la rénovation d’ampleur d’une maison individuelle est davantage orientée vers la sortie des énergies fossiles.
Un projet conservant un système de chauffage au gaz ou au fioul peut devenir incompatible avec certaines conditions du parcours accompagné. Les pompes à chaleur hybrides utilisant un appoint gaz ou fioul ne sont par ailleurs plus financées par MaPrimeRénov’.
Pour un logement équipé d’une chaudière gaz encore récente, ce point mérite donc une vraie réflexion. Garder l’appareil pour économiser à court terme peut modifier l’éligibilité du projet global.
Les logements F et G gardent certains droits
Les logements classés F ou G restent autorisés à utiliser le parcours par geste pour les travaux encore admissibles jusqu’au 31 décembre 2027.
Cette prolongation ne remet cependant pas en place les forfaits supprimés en septembre.
Une maison classée G peut donc encore obtenir une aide pour l’installation d’une PAC air/eau, mais pas retrouver automatiquement l’ancien forfait MaPrimeRénov’ pour une simple isolation des murs réalisée séparément.
Attention aux erreurs administratives
La qualité des travaux ne suffit pas. Le dossier administratif compte presque autant.
Le recours à un artisan RGE est généralement nécessaire pour la catégorie de travaux concernée. Une société pouvant afficher un label RGE dans une spécialité différente ne garantit pas forcément l’éligibilité du chantier prévu
Le devis doit aussi correspondre précisément à la demande déposée. Une modification importante du matériel, du montant, de la puissance d’un équipement ou de la technique d’isolation peut entraîner une mise à jour du dossier.
Signer ou démarrer trop tôt représente également un risque. Pour la majorité des projets, mieux vaut attendre la validation de la demande avant le lancement du chantier.
Quel parcours choisir selon son projet ?
Pour remplacer une ancienne chaudière par une pompe à chaleur air/eau sans engager d’autres travaux importants, le parcours par geste conserve un intérêt réel. Selon les revenus, l’aide peut atteindre 3 000 à 5 000 €.
La situation change avec une maison classée E, F ou G nécessitant toiture, murs, fenêtres et chauffage. Dans ce cas, la rénovation d’ampleur permet souvent de réunir les dépenses dans un programme cohérent et d’atteindre un plafond éligible allant jusqu’à 40 000 € HT.
Le bon réflexe consiste donc à partir du logement et de ses besoins réels, pas d’une liste d’aides. Un audit ou un bon diagnostic énergétique permet souvent d’éviter de financer deux fois des travaux mal coordonnés.
MaPrimeRénov’ 2026 demande surtout de bien préparer son dossier
Les règles de MaPrimeRénov’ 2026 sont devenues plus sélectives, surtout depuis septembre. Le parcours par geste se concentre davantage sur quelques équipements, tandis que les gros projets basculent vers la rénovation d’ampleur.
Avant de demander des devis définitifs, mieux vaut vérifier sa catégorie de revenus, son DPE, les travaux encore éligibles et le parcours correspondant réellement au chantier. C’est la meilleure manière d’obtenir une estimation fiable du reste à payer.